Documentaire-portrait de Guillaume : science participative, transmission, records, parcours

La chaine SEASONS (groupe CANAL+) consacre un documentaire-portrait de 57 minutes à Guillaume Fourrier. Ce film “Ambassadeur de la pêche en mer”, réalisé par Cédric Lemarié, suit le quotidien du moniteur guide de pêche : transmettre, sécuriser, lire la mer au plus juste et contribuer à la science participative. Un portrait ancré dans le réel, la transmission et le savoir-faire halieutique.

Actif dans la science participative, Guillaume est moniteur guide de pêche

Il suit Guillaume pour des pêches du bord et en bateau tout en retraçant son parcours halieutique de son adolescence à aujourd’hui.

Une jeunesse forgée par la mer et la transmission

Avant de devenir guide de pêche, Guillaume Fourrier s’est construit au contact direct de la mer. Pendant cinq années, il exerce le métier de sauveteur professionnel sur les plages du littoral français. Une expérience fondatrice. Elle lui apporte une lecture fine de l’eau, des courants et des conditions météo, mais surtout une culture de la sécurité et de l’anticipation.

Nageur-sauveteur pendant 5 années, Guillaume met la sécurité au coeur de son activité de guidage en mer

Des réflexes devenus essentiels aujourd’hui pour encadrer et rassurer ses clients, qu’ils soient débutants ou pêcheurs confirmés.

Parallèlement, dès le début des années 2000, Guillaume s’investit dans le développement du web halieutique. En 2003, il cofonde avec son ami Florian Boudeau le site PecheWeb.com.

Guillaume Fourrier et Florian Boudeau, un binôme complémentaire et inséparable

Le média devient rapidement une référence nationale. Entre 2003 et 2006, PecheWeb s’impose comme l’un des leaders du web pêche, avec une communauté active, des forums très suivis et des contenus techniques en avance sur leur temps. Cette aventure marque une génération de pêcheurs et pose les bases d’une approche moderne : partage, pédagogie et pêche responsable.

Un portrait construit autour d’une idée : faire pêcher, vraiment

Le film s’ouvre sur une phrase qui résume tout. Pour être un bon guide, il faut être passionné. Il faut aussi aimer la réussite de l’autre. Guillaume Fourrier le dit simplement : voir le sourire d’un pêcheur qui tient enfin son poisson, c’est la mission réussie. Le guidage commence là. Il ne se limite pas à « mettre sur du poisson ». Donner des clés est important. Rendre autonome est primordial.

Les clients de Guillaume enchainent les poissons grâce aux conseils techniques prodigués par le guide

Cette logique irrigue tout le documentaire. Chaque scène de pêche sert le récit. Chaque touche, chaque décrochage, chaque dérive devient une leçon. Le spectateur comprend vite que la performance n’est pas le seul moteur. Le moteur, c’est l’échange. C’est le partage d’une lecture du milieu.

La Côte d’Albâtre comme décor, la Manche comme terrain de jeu

Le documentaire suit Guillaume sur son terrain emblématique. On passe du littoral de la Côte d’Albâtre au grand large, entre France et Angleterre. Le film met en valeur des spots qui font la richesse de la Manche : ridins de sable, gisements de coquillages ou encore épaves. Ces structures créent du relief. Elles abritent, concentrent la vie et expliquent la diversité des pêches.

Guillaume Fourrier contribue à la science participative d'espèces de requins et raies sur les côtes Normandes.

La caméra capte aussi ce qui fait la réalité du large. Il y a la météo, le courant et les étales. Il y a la température qui chute au fond. Et encore cette nécessité de s’adapter en permanence. Le documentaire ne triche pas. Il montre une pêche vivante. Il montre une pêche qui se mérite.

Bar au leurre souple : lecture, finesse et gestion des détails

Une partie du film se joue autour du bar. On voit la démarche, le positionnement du bateau, les ajustements de leurres, de couleurs et de tailles, notamment le KerHy Shad de Kerfil qui prend de nombreux poissons. On voit surtout la conduite de dérive et la gestion de la tension. Le détail est partout. Dans la position de la canne, le mou à éviter, la manière de laisser prendre.

De nombreux bars sont pêchés au KerHy Shad de Kerfil

Ces scènes donnent un vrai contenu technique. Elles parlent aux pêcheurs. Elles parlent aussi aux non-pêcheurs, parce que la progression se lit à l’écran. On comprend ce que fait un guide quand il guide. Il observe, corrige, encourage et sécurise.

Pêche depuis la digue Carnot de Boulogne-sur-Mer, de jour et de nuit

Le documentaire bascule ensuite sur une pêche du bord. Objectif : les gros bars. Approche : lignes solides, simples et efficaces. De grosses esches pour mettre en appétit les gros bars. Les cannes sont posées sur le mur en béton armé de la plus grande digue de France, la digue Carnot. Ici, pas besoin de sophistication. Il faut de la solidité, accepter le frottement mais surtout comprendre le poste et les passages de gros poissons, souvent au pied de l’ouvrage.

Guillaume pêche depuis la digue Carnot de Boulogne-sur-Mer

La journée ne donne rien. L’eau est claire. Des phoques apparaissent et se positionnent en nouveaux dominants de la chaîne alimentaire. La nuit change l’ambiance, les clochettes et les lumières prennent le relais. La touche arrive… et l’espèce surprend. En effet, les spots que Guillaume pêchait étant plus jeune évoluent. Le film insiste sur ce point. On vient pour un poisson. La mer en offre un autre. C’est la pêche, dans ce qu’elle a de plus vrai.

Un joli congre pêché par Guillaume dans les blocs rocheux de la digue Carnot de Boulogne-sur-Mer

Les congres s’enchaînent et sont mis au sec pour le plaisir de Guillaume et de ses voisins de pêche.

Multiespèces : la Manche dans toute sa richesse

Le portrait ne s’enferme pas dans une seule cible. Il assume le multiespèces, spécialité de Guillaume Fourrier. C’est presque sa signature aujourd’hui. On passe d’un poisson de Normandie à l’autre selon les conditions. Selon le courant, la zone, la saison.

Guillaume fait prendre de gros lieus jaunes à ses clients en Normandie

Raies, roussettes, vives, dorades, vieilles, gros lieus jaunes, rougets grondins, bars, tacauds, émissoles… Le film montre une pêche diversifiée et moderne. Elle combine leurres et appâts, bord et bateau, technique et opportunité ! Cette diversité donne du rythme. Elle raconte aussi un littoral riche, à condition de l’aborder avec méthode.

La science participative : Guillaume travaille avec des scientifiques bretons

Le documentaire montre une scène qui compte. Le marquage d’un poisson : mesure, pesée, pose d’un tag de suivi, identification de l’espèce et du sexe, relâche. L’intention est claire : contribuer à la connaissance, suivre les déplacements, comprendre les arrivées saisonnières et documenter ce qui reste encore mal expliqué.

Guillaume participe à la science en posant des tags de suivi scientifique sur des poissons méconnus

Cette séquence remet le pêcheur à sa place réelle : sur le terrain, dans l’observation, dans la donnée, dans le concret. Elle rappelle que la pêche de loisir peut aussi produire de l’information utile, quand elle se fait sérieusement. L’écologie de terrain, la vraie !

L’émotion du large, jusqu’au retour

Le film se termine comme beaucoup de journées. Sur le retour, avec la fatigue, le soleil qui décline. Et avec une dernière surprise qui empêche de « rentrer tranquille ». Une chasse au thon au loin, des poissons qui sautent, des émotions qui remontent d’un coup. Les thons rouges en face de Dieppe qui chassent jusqu’à une dizaine de mètres du bateau.

Guillaume résume cela en une image juste : la pêche est faite d’ascenseurs émotionnels. Il y a les moments vides. Il y a les doutes. Et puis il y a la magie. Elle arrive sans prévenir. Elle fait oublier le reste. C’est cette vérité-là que le documentaire réussit à capter.

Le bateau Dromeas Yacht 28SUV de Guillaume Fourrier au port de Dieppe

Infos pratiques sur ce documentaire

  • Titre : Ambassadeur de la pêche en mer
  • Diffusion : A partir du 28 décembre 2025 à 20h45 et régulièrement en 2026
  • Format : documentaire-portrait (57 min)
  • Réalisation : Cédric Lemarié
  • Chaîne : SEASONS (groupe CANAL+)
  • Thèmes : pêche du bord, pêche en bateau, épaves, ridins, multiespèces, transmission, science participative